Pas de bisbilles entre auteurs !

On le sait, très souvent chez les jeunes auteurs, les projets démarrent en l’absence de commande, sur la foi d’une idée et avec l’adjonction de beaucoup de travail et d’énergie. De nombreux auteurs collaborent sur des projets dits « on spec » (on speculation, en bon anglais !) avec l’espoir, donc, qu’un producteur pourra un jour être intéressé par le scénario.

Malheureusement, nombre de ces projets n’arrivent jamais à terme. D’un part parce qu’il est difficile de conduire le développement d’un projet tout seul. Et d’autre part car la collaboration avec des auteurs également débutants n’apporte pas toujours plus de solutions devant les problèmes rencontrés. C’est pour cela que nous sommes là !

Mais il y a plus triste…

Nombre de ces projets ne voient jamais le jour du fait de conflits entre les auteurs. Soit sur la stratégie narrative à adopter ou la façon dont le projet doit être conduit, mais plus souvent sur les aspects de propriété intellectuelle. Parfois c’est au moment où le projet arrive à une version définitive ou même lorsqu’un producteur commence à s’y intéresser.

Photo by Matthew Henry from Burst

A ce moment là, les appétits s’aiguisent et tout ce qu’on avait laissé de côté comme blessure égotique refait surface avec la dynamique de groupe. La belle entente se fissure et laisse apparaître le caractère profond de chacun avec toutes ses fragilités.

« Attendez, si j’avais pas été là avec mon concept, vous ne seriez pas co-auteurs… alors je prends 60% et vous le reste. »

« Oui mais ce personnage, c’est moi qui l’ai amené et puis j’ai écrit tout le traitement… je suis autant créateur de l’oeuvre que toi… »

Un problème plus courant qu’on ne croit.

Si c’était marginal, on n’en ferait pas un article ici. Mais tous les auteurs ont connu ce genre de problème et le métier bruisse d’anecdotes de ce style. Ou encore, des producteurs rapportent qu’au moment où le film est à l’écran, des auteurs dont ils n’avaient jamais entendu parler revenaient réclamer des droits pour l’oeuvre dont ils étaient à l’origine l’un des créateurs…

Pour éviter cela, il y a un moyen simple : tenir le journal de bord de la collaboration entre les auteurs. En convenant à chaque nouvelle étape de l’écriture ou chaque nouvelle version de la répartition théorique des droits entre les co-auteurs, il n’y a plus de problème.

Ce document s’appelle une Convention Initiale entre Auteurs et il a été créé par le SNAC, le Syndicat National des Auteurs et des Compositeurs. Tout est expliqué ici et nous recommandons vivement l’usage de ce document si vous écrivez avec vos amis (afin d’éviter de vous brouiller avec) ou avec des auteurs d’horizons divers sans bien les connaître (afin d’éviter de les découvrir sous un mauvais jour).

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